Jean-François Zapata

En m’accueillant, avec ses amis, au quai de ‘’Voile, plume et pinceau’’, Jean a sélectionné trois poèmes qu’il a proposé d’illustrer en puisant dans ses carnets de voyage.

Si vous désirez embarquer à mon bord et découvrir de nouveaux horizons, vous pouvez consulter mon site :

 

http://www.poemesdemerjeanfrancoiszapata.fr

Un voilier, ne meurt pas

 

 

Un voilier, ne meurt pas, il s’abîme de l’air,

Étirant indolent, ses voileux souvenirs,

Un nuage pour voile, habille son travers,

Pénétrant dans sa coque, percée comme une buire.

 

Un voilier, ne meurt pas, il s’effrite de vent,

Au fond d’une vasière collé au temps qui passe.

La marée qui l’embrasse, le dévore doucement,

Pareille à une amie à l’amour vorace.

 

Un voilier ne meurt pas, il s’émousse sans heurt,

Abandonnant ses formes au courant agité,

Son mât est comme un doigt, pointant à crève-cœur,

Les beaux jours de naguère que le temps a ruinés.

 

Mais quant à l’horizon, un vieux gréement en mer,

Passe dans le lointain, brillant de tous ses ponts.

L’épave engourdie, scellée comme une pierre,

S’anime d’une larme et d’un tendre frisson.

***

 

Où va la mer

 

Sais-tu où va la mer, quand la marée l’emporte,

Dans le flux et reflux de sa robe de flots ?

Quand elle a délaissé, laissant les rives mortes,

Les ports mis à sec, encombrés de bateaux.

 

Elle s’en va  aux confins, à l’antre de tes rêves,

Dans l’éden où éclosent tes vœux les plus profonds,

Elle s’en va là, chercher, sur cette immense grève,

Dans ta soif de vivre, tes souhaits vagabonds.

 

Et quand elle s’en revient, comme une femme pleine,

Le ventre arrondi,  de tes aspirations,

Tu l’enlaces en ton âme, l’embrassant comme une reine,

Dans la félicité de ses ondulations.

***

 

Crépuscule

 

Je rêvassais au vent, en contemplant la mer,

Dans la braise émoussée, d’un soleil en déclin ;

L’été s’amenuisait, et le fond chaud de l’air,

Apposait sur mes lèvres, un petit goût salin.

 

Un flot luminescent, envahissait  la plage,

En exaltant mon ouïe, de marines clameurs ;

Ses faisceaux rougeoyants, vernissaient ce rivage,

Maculant dans l’écume, le blanc, de ses rousseurs.

 

L’horizon qui sombrait, comme un voilier en flammes,

S’éteignait mollement, placide et résigné,

Offrant à l’océan, sa lumière et son âme,

Dans une dernière étreinte, avant de se noyer.