A  Jean Loreau

 

C’était ‘’Au bout du Monde,’’

Nous étions à Pornic,

Au milieu de l'été.

De toute sa faconde,

Jean faisait rire aux larmes

Ses amis, ses copains,

De la flotte classique.

 

C'était au Pouliguen,

La nuit était tombée.

Il était le pacha

Qui faisait rire aux larmes

Ses amis, ses copains

À bord "d"Angelina".

 

C'était loin de la mer,

Un soir de fin d'hiver.

Avec son équipier,

Nous avons ri aux larmes

De notre ami, notre copain

Si près d'appareiller.

 

C'était le jour d'avant,

Et nous ne savions pas,

Sait-on ces choses là ?

Que nos larmes en coulant,

Prendraient un goût amer.

 

Navigue en paix, ami Jean.

Pour Fanfan

 

Le  grand phare s’est éteint

Et la nuit est plus noire

Mais jamais un marin

Qui navigue à la voile

Par beau, ou mauvais temps

Ne cède au désespoir.

 

Tu le sais bien, Fanfan

Qui nous guide aux étoiles

 

***

Le grand mât est tombé

Mais le bateau manœuvre

Sur la mer déchainée

Epaulé par le vent.

Ce navire est ton œuvre

Nous le préserverons.

 

Tu le sais bien, Fanfan

Qui nous en a fait don.

 

***

La grande barre s’est brisée

Au coucher de la lune

Où nous avons grée

L’aviron de fortune.

 On l’a fait en pleurant

Sur notre mauvais sort

 

Tu le sais bien Fanfan

Qui nous attend au port.