Serge Boué-Kovacs

« Objets inanimés avez-vous donc une âme ? »

(Alphonse de LAMARTINE)

 

  La question ne se pose pas avec mon ami Serge Boué-Kovacs. Ses sculptures sont au cœur des sens.

C’est à la base des vestiges marins. Ces mâts, totems et proues esseulés, ont trouvé un prolongement dans son œuvre singulière. Il les a transfigurés, humanisés, imprégnés de ses rêves les plus profonds. Ses yeux sont leurs yeux, Son âme est leur âme, ils sont indissociables de sa main et du sel qui les ont façonnés.

 

                                                                                                          Jean-François Zapatta

Mats du Pride
Mats du Pride

Entendez tous ces bois,

 

Entendez tous ces bois, vivants, qui ont une âme,

Façonnée au ciseau de l’esprit et du cœur,

Ces troncs amarinés, abandonnés, infâmes ;

Mais qui ont trouvé grâce, dans les mains d’un sculpteur.

 

Ces mâts, comme des voix, aux langages essentiels,

Burinés par la mer et les grains, sans répit,

Renaissent dans la verve, de ses doigts sensoriels

Modelés dans le sein, de ses rêves épris.

 

Ces totems élancés, parfois fantomatiques,

Ouvrant des yeux de pierre au regard étonné,

Rappellent les membrures, d’un vieux gréement épique,

Qui de toute sa matière, nous veut sa vie conter.

 

Certains pleins de visages, aux multiples facettes,

Détonnent des silences, aux sons inattendus ;

Des restes d’océans, et des fonds de tempête,

Figés dans le secret de tous leurs attributs.

 

Et quand dans son jardin, tout aussi atypique,

Ses idoles, en mesure, s’adonnent à le chanter,

L’homme absorbe ces refrains, à la vague phonique,

Imprégné de ces flots, qui lui ont tout donné.


 

   Jean François Zapatta